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 I was just making excuses {Fernando}

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Hernando Do Vale
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je suis à Providence depuis le : 20/06/2018 et j'ai rendu : 15

MessageSujet: I was just making excuses {Fernando}   Mer 27 Juin - 15:57


L’odeur des livres est probablement ce que je préfère dans cette boutique. Mélange de senteurs passées, de souvenirs poussiéreux, d’aventures imaginées et de mots perdus au bout de la plume d’un auteur méconnu. Caresse sensuelle des pages, l’une contre l’autre, doux son de froissement, les doigts qui glissent sur les cornes abîmées. Les mots qui pénètrent l’esprit, qui s’installent dans ton âme pour provoquer en toi cette réaction chimique, les actions ne sont rien face à la force de ces mots qui te transcendent. J’aimais profondément cette sensation. La sensation de ne plus être moi, de ne plus être un être parmi d’autres mais un tout. Mes pensées étaient celles de personnages fictifs et je ressentais des sentiments irréels, je les comprenais sans forcément les avoir ressenti et tout semblait naturel. Pleurer devant le dilemme amoureux de la Princesse de Clèves. Sentir son coeur cogner contre sa poitrine devant l’exaltation de la Fille aux yeux d’Or. Périr sous le chaos intérieur de la Duchesse de Langeais. Les héroïnes romanesques me faisaient toujours plus d’effet que les héros. Elles avaient cette sensibilité, cette force de caractère, cette palette d’émotions intenses qui me bouleversaient un peu plus à chacunes de mes lectures. Dernier toucher sur la reliure de mes dernières commandes, coup d’oeil sur la montre. La chaleur de l’extérieur n’atteignait pas la fraîcheur reposante des étalages. C’était une après-midi calme, tranquille, les étudiants de Brown traversaient le Monde, une poignée seulement passait de temps à autre dans ma boutique. L’écran de mon téléphone déteint au milieu des oeuvres de Musset et Baudelaire. Un message d’Emilie. Depuis peu, elle apprenait à utiliser la technologie de notre temps, elle m’envoyait des photos de ses copines et elle, du jardin, de ses dessins, une oeuvre d’art chaque jour. Sourire mélancolique qui caresse mes lèvres, l’appareil finit au fond de ma poche. Ma petite princesse qui cache mon coeur de géniteur au fond de son coffre à jouets. Innocence de l’enfant qui ne comprend pas pourquoi Maman et Papa ne sont plus dans la même maison. Soupire coupable, je reprend le carton de fantasmes littéraires, captant le tintement de la clochette de l’entrée. Nouveau client avide de lecture, je m’empresse de poser le carton pour l’accueillir avec l’air chaleureux qui me sciait bien. “Bonjour, que puis-je faire pour-” Moue surprise devant un visage familier, rictus figé et gêne dissimulée, je racle ma gorge, laisse échapper un rire étouffé. “Félix ? Si je m’attendais à te voir… haha !”. Si je m’attendais à voir ce jeune garçon, cette passion d’une nuit que je n’ai pas revu depuis des semaines. Comme si le destin s’acharnait sur moi, me poussait à prendre les responsabilités de chacun de mes actes.




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Felix Glendower
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MessageSujet: Re: I was just making excuses {Fernando}   Jeu 28 Juin - 17:39

Felix n'a jamais été un grand lecteur. Il lit pour les cours, mais ça s'arrête là. Il se tourne vers le réel, le tangible, le concret. Attiré depuis toujours par le rugby et la scène, ce sont des arts qui demandent l'implication du corps entier, et le Gallois est bien incapable de s'asseoir devant un livre des heures durant. Son attention ne dure jamais si longtemps. Mais il connait quelqu'un qui sait très bien faire ça. Il l'a déjà vue, assise sur les pelouses du campus, complètement absorbée par les mots qui défilent sous ses yeux. Elle ne sait pas qu'il l'a déjà observée de loin pour ne pas la déranger. Il attendait toujours quelques minutes avant de venir s'affaler à ses côtés pour lui demander ce qu'elle faisait, avec tout le bruit et l'agitation dont seuls les enfants sont censés faire preuve. Et puisque leur relation semble décousue, coincée à un pallier étrange, il se dit qu'il peut au moins lui montrer qu'il pense à elle. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé à pousser la porte d'une des librairies de Providence. Le vendeur apparaît derrière un rayon et le palpitant de Felix se rate. C'est pas possible, quelqu'un lui en veut. Vite, il faut se remettre de la surprise, mais il est bien la dernière personne que le Gallois pensait croiser à Providence. « Hernando? Oui, c'est fou! » Son rire nerveux fait écho à celui du libraire. Une vague de culpabilité l'étreint. Ils ont beaucoup partagé cette nuit là. Leurs problèmes, leur intimité, leur confusion, et Felix n'a pas vraiment pris la peine de garder le contact avec lui. Il avait même tenté d'effacer cette aventure de son esprit, sans grand succès. Comment oublier ces boucles d'ébène et ce sourire mélancolique? Il en avait été incapable, à son plus grand désarroi. Et planté là devant lui, il se sent mal d'avoir même essayé de faire une croix sur lui. « Tu... Tu vas bien? » Simple politesse mais il s'inquiète vraiment, quelque part. Bien qu'il tente encore de se voiler la face, il y a une part de lui qui tient à cet homme. Il se racle la gorge et enfile les mains dans les poches de son pantalon, comme s'il pouvait y trouver un peu de sécurité. « Je cherche un livre pour la fille, tu sais. » C'est une chance qu'il n'ait pas donné de nom, surtout si Hernando réside à Providence désormais. Cela évite à Felix une situation embarrassante de plus. Il a déjà eu son lot, et il aimerait bien que les choses soient simples, pour une fois. Là encore, la vie ne va jamais vraiment dans son sens.

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Hernando Do Vale
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MessageSujet: Re: I was just making excuses {Fernando}   Mar 10 Juil - 14:01


Les livres, c'était mon univers. L'encre qui a coulé sur ces pages blanches pour former un flot d'émotions, de pensées d'histoire inspirantes dans lequel on peut trouver ce réconfort unique, les aventures que d'autres ont vécu ou inventé, ces récits qui me transportent et m'apaisent. J'ai toujours préféré les livres aux gens. La nature humaine a cet aspect insaisissable, comme un courant d'air qui s'échappe entre nos doigts. Je pensais comprendre les Hommes, mais chaque fois, ils me dévoilent cette nouvelle facette insoupçonnée, l'as dans la manche qui peut parfois se rapprocher d'un poison plus que d'un don des cieux. Bien heureusement, l'âge joue en ma faveur, les profils se ressemblent, les détails diffèrent toujours mais dans l'ensemble, l'expérience fait que je m'adapte plutôt rapidement. Les épreuves de la vie forgent les humains, les mettent en garde. Et je voie dans les yeux de ce garçon tout un chemin qui lui reste à parcourir. Toutes les choses qu'il doit tester, les choix qu'il doit prendre, tout un avenir complexe et, je l'espère, heureux. En le voyant, tout aussi gêné que moi, j'en viens à réaliser que, peut être, je suis un de ces obstacles à franchir avant de pouvoir goûter au plaisir de l'objectif atteint. Je n'aurais jamais cru être cette muraille sur le chemin du héro -suis-je un peu trop égocentrique pour me donner tant d'importance ?-. La fille dont parle l'anglais se dessine dans mon esprit. Les bribes d'une conversation intime, autour du verre de trop, confessions et conseils qui s'entremêlent, les attentions de Félix pour sa promise sont touchantes. "Oui, tout va bien, et toi ? Avec la fille ?" demande-je, pour faire la conversation. Les moments que nous avions partagés lui et moi ne m'empêchaient pas de m'intéresser à sa vie et à l'encourager sur cette voie. Je jette un rapide coup d'oeil sur la porte d'entrée, faisant signe à Félix de me suivre dans les rayons, écoutant sa réponse d'une oreille attentive. Mes doigts se baladent sur les étagères, mes lèvres se retroussent en un fin sourire. "Tu sais quel genre de livres elle aime ? J'ai reçu un nouveau chargement de sci-fi et de romances. J'ai beaucoup de clientes fidèles qui dévorent les romans à l'eau de rose, ici. Mais des étudiantes de Brown, c'est fou.". La passion délie ma langue et détend mes muscles. La gêne ne fait pas le poids, je ne réfléchis pas comme Hernando, le pauvre divorcé en manque d'affection mais comme Monsieur Do Vale, propriétaire de cette petite librairie de Providence. J'en serais presque trop bavard, j'espère que mes constations de vieux sage caché derrière des bouquins poussiéreux ne feront pas trop fuir ce beau jeune homme.




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Felix Glendower
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MessageSujet: Re: I was just making excuses {Fernando}   Mar 31 Juil - 16:01

C'est fou comme il a l'air dans élément. Felix le voit subitement sous un autre jour, il le regarde évoluer dans les rayons qu'il doit connaître par coeur et il espère qu'un jour lui aussi trouvera sa voie, pourra évoluer dans le métier qui est fait pour lui, encore faut-il qu'il sache quel chemin prendre pour y parvenir. Bien sûr il doit reprendre le port l'année prochaine après son père, mais c'est plus un devoir qu'une envie, et au fond il sait que ce n'est pas le métier de ses rêves, simplement ça va de soit, chez les Glendower. « Ouais, on va dire que ça va. Enfin, c'est bizarre en ce moment. » dit-il en plissant les yeux, le regard rivé vers un point invisible. Les choses prennent des tournures de plus en plus inattendues, et Felix ignore pendant combien de temps il pourra suivre le rythme. Pour l'instant, il s'accroche à ce qu'il peut, comme à des planches ballottées par une mer en furie. Il observe Hernando parcourir les étagères, il a toujours aimé voir les gens plongés dans ce qui les passionnent, que ce soit ses potes sur le terrain, ses profs qui expliquent une anecdote qui leur tient à coeur, Billy plongée dans un bouquin, c'est l'un des meilleurs spectacles que la vie puisse lui offrir. Il pense que faire ce qui nous plaît, ça nous rend encore plus beaux, et au milieu des vieux bouquins poussiéreux, Hernando rayonne. Felix essaye de se concentrer sur ses dires avant de divaguer trop loin. Mais la situation tout entière est bien trop distrayante. « Je crois qu'elle aime bien les romans à l'eau de rose. » Billy elle rêve en permanence, et elle a l'air d'aimer les histoires qui se terminent bien. Felix regrette de ne rien pouvoir lui promettre de tel pour le moment, mais peut-être qu'un livre avec une belle histoire servira de gage, d'une promesse silencieuse qu'il fera de son mieux. Felix reporte son attention sur le libraire. « Je savais pas que tu vivais à Providence. Ca fait longtemps? Je ne lis pas beaucoup, alors j'ai jamais vraiment mis les pieds ici, c'est possible qu'on se soit jamais croisés. » Il rit nerveusement, il se rend compte qu'il donne l'image du stéréotype du jock sans cervelle. Pourtant, il en est encore bien loin. Il adore le sport, mais le contraste avec sa passion pour la scène est saisissant. Il aimerait pouvoir profiter des deux, mais avec ses nouvelles responsabilités, ça semble être mission impossible. Il sait qu'il y parviendra un jour, il a juste besoin d'un peu d'organisation et de beaucoup de motivation. Et Felix a la chance, ou le malheur, d'être têtu comme une mule.

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Hernando Do Vale
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MessageSujet: Re: I was just making excuses {Fernando}   Ven 17 Aoû - 23:59


Le frottement des pages jaunies sonnent comme les mots doux d'un amant murmurés au creux d'une oreille fragile. Les formulations sont d'une justesse qui m'émeut, transforme des rêves oubliés dans le froid d'un hiver sans nom en un espoir d'automne incandescent. J'avais toujours eu une espèce de fascination pour les romans à l'eau de rose. Là où les polars coupaient le souffle, là où les épopées faisaient voyager l'esprit, ils avaient le don de faire rétrécir ma cage thoracique, mon cœur se sentait comprimé comme si une main divine le pressait sans pitié. Les larmes taquinaient les paupières, ne demandant qu'à danser sur les joues en toute liberté. Si beaucoup de lectrices n'en commandaient que pour la chaleur transmise dans certaines scènes érotiques, certaines les choisissaient pour cette précision dans l'expression d'un sentiment étranger. Car la fine aiguille qui transperce le point culminant de l'organe vital procure bien plus de sensation qu'un bref frisson au bas ventre. Mes yeux se posent sur les prunelles volatiles du garçon. Ses traits semblent plus crispés que lors de notre dernière rencontre. Suis-je trop intrusif ? Probablement. J'éclaircis ma gorge un bref instant avant de reprendre. "Ce sont des choses qui arrivent, j'imagine. Après tout, l'amour est un sentiment bien trop vaste pour qu'il ne soit que teinté de couleurs pastels. N'est-ce pas ?". Je m'essaie à l'humour, pour le détendre, sans garanti de réussite. Après tout, je n'avais jamais excellé dans ce domaine, probablement à cause de ma nature quelque peu mélancolique. Le sujet des lectures de la demoiselle revient rapidement dans la conversation, me pousse à piocher deux, trois ouvrages cachés dans les étagères. "Ces deux-là ont eu un petit succès auprès des filles de ton âge. Celui-là est moins apprécié mais je le trouve bien plus émouvant. Puis l'auteur est assez méconnu, c'est bien dommage.". Mon pouce caresse un instant la couverture plastifié. C'était celui que January m'avait demandé de commander seulement, elle n'était pas encore revenue de son voyage. Je lui avait gardé un exemplaire bien au chaud, dans l'arrière boutique, alors je pouvais le conseiller à Félix sans craintes. Ce sont les questionnements de ce dernier qui brisent le fil de mes pensées. Un rire étouffé s'échappe de mes lèvres en un sourire. "Je suis venu m'installer ici après mon divorce, ça doit faire un an et demi, presque deux ans.". La flèche du temps m'entaille le coeur brièvement. Déjà deux ans ? "Mais je n'ai repris la librairie que récemment, dans le cours de cette année. Je dois avouer que j'ai l'impression d'être ici depuis toujours. C'est fou la façon dont nous nous imprégnons de certains endroits avec une facilité et un naturel.". Cette impression m’apparaissait toujours comme étant un phénomène remarquable du psychisme humain. Comme si nos âmes étaient connectés à une atmosphère et que le but de nos vies étaient de la retrouver pour s'en imprégner entièrement. Le rire nerveux de Félix résonne dans ma tête. Ma main réconfortante s'égare sur son épaule, diffuse une chaleur particulière alors que mes rétines s'accrochent fermement aux siennes. "Maintenant, tu auras une raison de venir ici plus souvent, n'est-ce pas ?". Mes lèvres se retroussent légèrement en un demi-sourire. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes que je ne me rend compte de l'intimité de cet innocent contact et retire donc ma main. La situation ne me semblait pourtant pas si inconfortable mais elle l'est peut-être pour lui ?




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