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 la pilule du bonheur (Ilse)

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Rebecca Parker
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MessageSujet: la pilule du bonheur (Ilse)   Ven 8 Juin - 23:58

Maison Diman, alentours de minuit quarante-cinq, les allées dorment, on entend encore les valises rouler sur le sol, les étudiants fondent avec le goudron; il fait lourd le soir, Beck a des billes tendres et noires à la place des yeux.
L’enfant s’agite, on ne saurait dire si elle est en quête de désastres ou d’astres, quand elle voit le ciel tout se tait derrière le rideau épais qui couvre ses pensées, en protection, mais elle est prête à monter sur scène, le bois ciré sous les pieds, le spot lumineux sur sa figure déjà bien blanche, elle a tout prévu. 
Plic, plic, plic, les gouttes dégringolent sur la surface tiède, une qui va glisser gentiment sur le bord de sa converse, Rebecca soupire, elle s’autorise une attente entre lesdites contemplations mais le bout de ses pieds est plus réconfortant que la glace au fond du pot maxi-format qui est venu lui engourdir les deux mains. 

L’asiatique met la crème glacée saveur pistache-pèche sous son épaule, elle frisonne, son bras est chaud, ses poils rebiquent, Beck a la main dans la poche, elle attrape son téléphone et le carré-pixélisé éclaire le décor déjà limpide, sous les vagues pâles, enchantées, par endroits il y a des nuages - Beck se demande si cette vue suffira à lui vider la tête mais ses doigts sont déjà en train de taper. -

ma Ilse a écrit:
est-ce-que je peux rester avec toi cette nuit? Par terre, debout?

Spoiler:
 
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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Dim 10 Juin - 19:12


Ce sont presque parmi les heures les plus sombres de la nuit, ironiquement celles aussi qui donnent un teint pâle quand on ne dort pas alors qu'elles courent ; Ilse est assise sur son lit et sait que ça ne sert à rien de faire comme si, d'au moins poser la tête sur l'oreiller : Morphée ne viendra pas, c'est tout. Ça peut aussi arriver, il n'y a rien de dramatique.
Et face à la fenêtre ouverte, elle cherche un point blanc dans le ciel, au moins un. Les étoiles sont synonymes d'espoir même si c'est plutôt un symbole triste quand on y pense, certaines sont mortes depuis des millénaires...
Pas un astre n'est visible dans ce ciel d'encre brouillé, le silence est total, aussi désespéré que le mot insomnie. Au matin une poudre noire se sera déposée sous ses yeux comme de la cendre, les cendres des morts.

Une lueur dans la chambre, ça n'était pas prévu. L'écran s'éclaire tout seul à la réception du message, Ilse le voit, Ilse bondit et va dans le couloir, ses pieds nus accrochent un peu au sol en faisant un bruit tendre. Tap tap. Là, la fenêtre donne sur le devant de la maison Diman, et qu'est-ce qu'elle voit ? On dirait une silhouette figée devant l'entrée. Elle n'attend pas davantage. À toute vitesse, elle court à la rencontre de la silhouette dont la nuit n'a pas camouflé les traits fins, c'est Rebecca, Rebecca brusquement face à elle.
« Beck ? »
Elle a envie de lui dire j'ai vu ton message, qu'est-ce qui t'arrive, qu'est-ce qu'il se passe. Ça fait bien, trop longtemps que ses lèvres restent closes sur des choses qui se lisent dans ses yeux.
Dans la nuit, Ilse ne voit pas les yeux de Rebecca mais c'est peut-être sa façon de se tenir, quelque chose de penché, en camouflage, qui la retient de prononcer ces mots. Au lieu de quoi, elle s'avance vers la brune et lui saisit la main.
« Viens, on monte... »


Elles sont montées dans sa chambre et ce n'est qu'une fois derrière la porte close qu'elle l'a lâchée pour faire un geste stupide - allumer la lumière, comme s'il s'agissait maintenant de jouer l'hôtesse parfaite. Son regard tombe sur le visage de Beck, sur cette expression-là qui lui coupe presque le souffle, et elle appuie aussitôt de nouveau sur l'interrupteur pour que le noir revienne. C'est un réflexe. La lumière est trop crue, parfois, et c'est dans la pénombre qu'on peut le mieux se voir.


Dernière édition par Ilse Aliegheri le Mar 12 Juin - 20:36, édité 1 fois
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Lun 11 Juin - 15:53


Jetée à la mer, Rebecca contemplerait bien le Titanic si seulement elle n'était pas perchée au sommet de l'iceberg les yeux coulant par moments sur la proue, elle voit bien les gens hurler à l'aide mais son regard reste le même, monochrome, parfois synonyme des pensées qui lui échappent, ne passent pas sa bouche. Rebecca a encore le portable dans la main qui s'illumine pour toutes ces désinvoltes attaques sociales qui vont avec les filles de son âge, quelques coeurs, des étoiles, logos comme substituts au véritable mais le virtuel nous plait, il essaye d'atténuer les effets à la manière d'une liqueur tendresse. 



Ilse? Elle l'a vue tout de suite en haut de sa "tour", elle aurait attrapé son regard s'il n'avait pas quitté l'encadrement de sa fenêtre, de toute manière, Rebecca Parker faisait une piètre Juliette, un pire Roméo, elle aimait aspirer ses tragédies comme de la poussière sous un meuble, il n'en restait pas une trace après vingt quatre heures, mais ça faisait un jour déjà. Un jour à attendre le gong sonore et final qui lui dirait si oui on non elle allait être un de ces instruments de la société qu'on réutilise après avoir stérilisé avec une solution hydro-alcoolique, elle avait eu tout le temps du monde en l'espace de douze heures pour imaginer ce qui adviendrait mais elle la main chaude de Ilse rencontrant ses doigts, geste lacunaire ne faisait pas partie de son délire soudain. 



Elles enjambent l'espace pour le rompre à nouveau, le tap, tap, tap se poursuit dans les escaliers et Rebecca peine à relever les yeux, en fait, c'est seulement au flash fatal de l'ampoule grésillante du dortoir qu'elle réagit et - si vous connaissez cet élan étrange qu'ont les systèmes immunitaires pour sauver leurs hôtes, vous sauriez qu'à ce moment précis, Rebecca a tout fait pour que tout ceci ne soit que le spectacle d'une rupture factice dont le coeur peut se panser dans la seconde. - Entre jour et nuit, lumière et obscurité.
« Ça va? Ça a été ta journée?- Ah, j’ai apporté de la glace, parce que bon voilà il en fallait. Tu as pas envie d’allumer? »
Son visage n’allait pas s’acclimater aux sentiments, elle allait garder cette tête un peu amère, c’est vrai, mais elle n’était pas là pour fuir. C’était Ilse, comment la fuir? « J’étais à la clinique plus tôt pour des tests. Je suis passée par là- Oh rien de grave je ne suis pas malade. En fait je sais pas j’ai pas les résultats encore ahah- »

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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Mar 12 Juin - 20:39


Le jour se caractérise par la présence abondante de lumière et la nuit, son absence, et c’est une classification stupide. Peut-être que le jour et la nuit se succèdent quand elle a ces gestes frénétiques sur le bouton de l’interrupteur, clic, clac, nuit et jour puis plus que nuit, la peau nue – c’est l’été, il fait chaud – dévoilée, rayonne de façon irréelle dans la lumière tamisée que la nuit offre, par la fenêtre.
Et elle a l’impression que Rebecca parle un peu vite et un peu fort aussi, mais c’est sûrement parce qu’elle était jusque là seule, et ses pensées ne sont pas des flèches ni ne font d’éclats. Ilse tente de tout emmagasiner d’un coup quand bien même rien ne se coordonne très bien dans son esprit. Elle réalise qu’il était bête son jeu de lumière, comme si elle avait subitement pris peur ; alors avec lenteur elle se penche, trouve à tâtons le bouton de la lampe de chevet. Et clic. L’éclairage est plus doux et créé des ombres plus grandes.
Rebecca lui fait face avec le même visage qu’elle arbore tous les jours.
« Désolée. Ouais, ça va. Je n’arrivais pas à dormir. Je réfléchis trop. »
C’est beaucoup dire quand elle serait incapable, au fait, de mettre des mots précis sur ce qui la traverse et la remue. Elle lance un regard au pot que son amie tient sous le bras, à demi-amusé, peut-être – de la glace. L’indispensable de toutes les filles dont le cœur est en peine, elles larmoient en se serrant dans leurs bras entre une, deux, trois cuillères, et le lendemain elles regrettent en se scrutant dans la glace mais se retiennent de pleurer de nouveau.
Il ne faut pas faire comme si on se surveillait. C’est tabou.
« Plus qu'à trouver des cuillères. »
Elle sourit, mais au fait, ne bouge pas. Comment le pourrait-elle, quand Rebecca poursuit avec ce nouveau flot d’informations se chevauchant et se contredisant tout à la fois, formant ce drôle d’ensemble dont ne se dégage qu’une inquiétude ?
« Tu quoi ? » Elle reprend mentalement tous les bouts de la phrase, et ils ne font toujours pas sens, des éléments lui manquent mais Rebecca semble plutôt encline à se confier, ce soir.
« Beck, il est… il est presque une heure du matin. Tu ne passais pas juste là en rentrant de la clinique. » Son corps lui pose problème, elle ne sait pas qu’en faire. Il est là, dressé et immobile, et elle aurait voulu qu’il se dissolve, qu’il se dépose sur les épaules de la brune pour lui faire une armure contre les ravages du jour. « Qu’est-ce qui t’arrive ? C’est… c’est pas grave ? C’était juste des tests de routine, hein ? » Quand elle la fixe comme ça, elle pourrait croire qu’elle n’a plus de corps, et elle oublie que ses yeux ne sont pas neutres et s’associent au plissement de son front, entre les deux sourcils. C’est tout ce qui ne faudrait pas, ça peut passer pour une prière : s’il te plaît affirme-moi qu’il n’y a rien, tandis qu’elle veut la vérité.

@Rebecca Parker
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Mer 13 Juin - 3:50


Machine sordide vendue sans mode d’emploi, on la regarde sceptique, on lit le dépliant, les conditions d’achat... elle fonctionne, elle est abordable, des atouts, des points forts, faibles. Parfois Rebecca se dit que choisir les humains dans des rayons serait une politique de vente drastique mais réalisable, après tout la moitié du globe est un paradis incendié, les restes d’une bougie à la chaleur significative, il y a une raison à tout. Et il y avait une raison à son dysfonctionnement aussi.
La distance entre elle et Ilse importe peu, derrière un écran, au creux de son oreille, les bras dans les siens elle l’avait, toujours, elle l’avait eue depuis le début. Et malgré cette mutuelle assurance d’exister l’une pour l’autre, de savoir l’accent que prend son nom sous les larmes, les coups, les tendresses, elle ne se console pas. Rebecca n’y arrive pas, elle déglutit et pathétiquement toutes les phrases possibles du monde quittent sa bouche:

« J’ai peut être un peu traîné oui, ici et là, il commence à faire un peu plus beau, un peu plus tard. Mais après je commençais à me sentir mal, j’imagine qu’on se sent tous mal en sortant d’une clinique sans trop savoir pourquoi on en sort d’abord- Je voulais pas en parler, pas vraiment. -Tu me manquais aussi... Ou alors, je m’inquiétais? Je... Non- non c’est rien de grave, rien d’important. Je l’ai dit, c’est la routine, tout le monde fait ça, en fait, pour être honnête j’avais oublié de me protéger. Alors j’y suis allée tu comprends, il fallait. J’avais du retard je pensais- je suis super bête- je, pensais que j’étais enceinte? »

Mots fragiles, posés là près à s’effondrer, pourquoi encore et encore fallait-il condamner les autres à l’équilibre étrange des catastrophes humaines, ce qu’on provoque à force de fabriquer à la chaîne, la société parfaite qui se noie d’anti-angoisses, plaquette sur plaquette sans être trop certains de pouvoir encore avaler à la fin de la journée. « A quoi est-ce-que tu réfléchis? »
Elle pose le pot sur le bureau d’Ilse, délicatement, trop lentement même, est-ce-qu’il va exploser, pourquoi amener des bombes à Ilse, pourquoi? Appelez les démineurs! Sauvez-les!
Rebecca pourrait lui prendre les deux mains, tracer un cercle autour d’elles, les protéger mais elle sent ses bras trembler et elle planque tout ce qu’elle peut dans les poches de sa veste.
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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Mer 13 Juin - 21:10

Elle se souvient du jour – c’était peut-être le soir – où elle était assise à la cuisine avec son père, et même qu’elle balançait machinalement ses pieds, que la lumière était d’une douceur tamisée pareille à celle de la chambre à présent, et ç’a été la seule fois où le sujet fut abordé. Ils parlaient tous les deux, elle ne sait plus de quoi, de la jeunesse et des choses de la vie, et son père avait clairement tourné la tête de son côté pour la regarder et lui dire : « Tu feras attention avec les garçons, hein Ilse ? », avec une voix très tendre qui voulait dire, fais donc tes expériences mais sois prudente. Mais Ilse n’avait que treize ou quatorze ans à cette époque, et pas la moindre idée de la réalité du monde – elle n’a jamais suivi l’enseignement édifiant des graffitis sur les portes de toilettes.
Elle ne se doutait pas alors que cette petite aux pieds se balançant évoluerait, qu’elle ne serait pas toujours aussi coincée vis à vis de ce dont on ne parle pas à la maison, mais dehors, les enfants, ils savent tout ; elle n’avait même pas anticipé le choc de la première soirée, celle où tout semble démesuré. Elle s’était obligée à ne pas jeter des regards partout, histoire de ne pas faire trop campagnarde recluse tout juste débarquée.
Dans l’assistance nombreuse, invisible ce soir-là mais destinée à devenir sa boussole, il y avait Rebecca.

« D’accord, d’accord, tu… tu aurais dû m’appeler plus tôt tu sais, on aurait pu traîner ensemble… tu m’as manqué aussi. Ça fait longtemps. » Une pause, elle cherche encore à assimiler toutes ces révélations mais le plus dur n’est pas de les saisir ; c’est de savoir, tout de suite, quelle est la meilleure façon de réagir. Parce qu’il faut qu’elle oublie qu’elle est Ilse et ne s’attendait pas à des accents pareils de détresse dans sa voix, il faut qu’elle se reprenne et trouve la bonne manière de calmer ces accents proches de la déchirure.
« Mais tu ne l’es pas ? » La question plane dans l’air, c’est une feuille morte tout juste détachée de l’arbre. « Quand est-ce que tu auras tes résultats ? Tu veux, tu voudras que je vienne ? »
La trop faible lumière accentue les ombres dans le regard de Beck. Ilse les remarque et se sent chanceler, elle tend les bras. « Viens là… » Les étreintes sont des paravents illusoires, de pauvres remèdes contre les démons de l’intérieur, mais bon, dans l’immédiat elles empêchent de tomber et elle trouve l’odeur de ses cheveux réconfortante, quelque part.

« Tu vas me disputer si je te le dis. » Elle la suit jusqu’au bureau, presque collée à son épaule, elles ont l’air de deux statues de cire la tête penchée sur la table. Bien sûr qu’elle peut lui dire, qu’elle compte lui dire, qu’elle va le faire – c’est Rebecca. Elle a juste besoin de préparer le terrain, d’y aller en douceur, c’est difficile. Elle prend la décision soudain de s’écarter, elle va s’asseoir en tailleur sur son lit en réprimant une forte envie d’enserrer ses genoux entre ses bras, pour devenir une boule et disparaître. Rebecca sait qu’elle peut bien prendre n’importe quelle place dans la pièce, nul besoin est de le lui rappeler, de toute façon, pour le moment elle ne bouge pas et semble prisonnière de ses pensées.
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Jeu 21 Juin - 1:26


« J’suis pas enceinte non, j’ai des troubles... hormonaux. »
Innocence perdue, bouts d’enfants dispersés sur les cercueils encore ouverts de leurs premières années, Rebecca et Ilse s’aventurent dans le cimetière, pas le temps de déposer de fleurs; très vite le décor se réduit à quatre murs étouffants où les silhouettes se distinguent, flânant, accent de réalité dans la lourdeur de la pièce ou peut être le ton de la voix de la Sears, entre cassé par la journée et différent, il commence à porter son âge et elle n’aime pas ça mais c’est un théâtre auquel elle s’habitue et si elle veut se consoler elle est au bon endroit, oui elle gardera les illusions pour plus tard. 



Les existences sont ponctuées de drames, ici elle ôte sa veste et la garde repliée sur son bras, tissu au poids significatif rappel de l’état de son organe vital, Rebecca voit Ilse envahir son espace, d’habitude animal saccagé, rebuté par les uns et les autres, parce qu’ils parlent trop fort, vivent trop fort, essayent trop fort de la garder dans leur cercle, elle s’accommode de la proximité. Peut être est-ce un motif récurrent dans ses relations avec les filles, elle, ne se voit pas sans les messages tardifs de Nyla, sans les regards perçants de Jade au détour d’un couloir même portés par les sentiments, peu importe vraiment, toutes sont à leur juste place. Mais le rideau liquide tentant de couvrir ses plaies mal léchées pend le long de la chambre et quand Rebecca lève les yeux sur Ilse, elle n’a pas le courage de poursuivre son enjambée, la rassurer, l’embaumer, elle en est incapable. « Non, ça ira, mais je me sentais conne et, j’ai fini là. Ouais, je sais c’est idiot. »

Petit à petit elle replace ses ailes, grandes et noires, celles qui se tendent le long de son dos, personnage lui correspondant davantage, bouche se pinçant sur les bords pour dévoiler le sourire, mais il est feint plus qu’autre chose, semble correspondre à la situation, la scène s’assombrit mais elles sont trop proches pour accepter le déluge, les fenêtres sont sèches, plus personne ne doit pleurer, ce soir. « Pourquoi? Qu’est-ce-que t’as fait? J’dispute jamais personne, eh. »

@Ilse Aliegheri
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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Dim 24 Juin - 7:21


Les paupières battent, se rouvrent et se referment avec automatisme, et c'est si anodin et si imperceptible qu'en général on ne s'en rend pas compte. Mais ses cils viennent frapper ceux du bas plutôt qu'ils ne se couchent. Une onde de choc se propage à la surface de ses yeux et ça colle, un petit peu, ça s'agrippe comme pour la faire rester aveugle.
Les paupières battent et battent et la lumière de la lampe semble toujours s'infiltrer de manière illégale entre ces brefs moments où elles sont abaissées. Ça fait du noir, du jour, du noir et de leur nuit éclairée, comme jouerait l'objectif d'un appareil photo. Des clichés pris avant le sombre amenant l'amer derrière les apparences, une, deux, trois fois Beck.

« Il faudrait que tu arrêtes de te dévaloriser tout le temps. » Perdue entre l'arrière-plan de ses pensées imprécises, la gaucherie de sa bouche, la faiblesse de son cœur et cette haine récurrente pour son corps tout entier, Ilse essaie de faire bien. La voix de Rebecca la tue en fait, elle rend les syllabes crues de ses mots plus tranchantes, comme si elle cherchait elle-même à se blesser à leur lame. Et il n'y a rien qu'elle puisse faire, rien qu'elle puisse faire en vérité pour contrer cela, si ce n'est de tenter de faire coulisser la sienne, sa propre voix comme des coussins, remparts entre les couteaux et les joues de la brune.
« Est-ce que ça va aller ? »
Ça n'ira pas. Pas ce soir en tous cas mais l'allure de la nuit est sinistre de toute façon, et cette toute petite phrase dite avec un froncement de sourcils de mère inquiète ne doit servir qu'à déclencher d'autres mots. Il faut vider la nuit du bleu triste qu'elle contient pour espérer pouvoir s'endormir sous un autre, plus propre à la tranquillité d'esprit.

Ses ongles s'enfoncent dans la peau molle du pli de son genou, encore une fois, une millième fois, elle a été maladroite. Ça lui arrive sans arrêt, à croire qu'il existe un blocage en elle, un défaut de conception, elle ne saura peut-être jamais parler aux autres.
« Je sais. Désolée. Je... » Les ongles s'enfoncent, laissent de petites marques en arc de cercle qui s'estomperont en quelques instants, Ilse les regarde presqu'avec étonnement. « J'ai parlé à Adan. Enfin parlé, si on veut. »
Il y avait une tension, que les ongles cherchaient à contenir en faisant mal, mais elle se vide d'un coup et s'éparpille le long de tous ses nerfs. « J'y arriverai pas... » L'un de ses bras lui barre le ventre, pour s'empêcher de basculer et se casser en deux, et le coin de ses yeux, pendant une demi seconde, s'irise de traces brûlantes de vaisseaux rouges, avant de reprendre sa couleur d'œuf, parce qu'Ilse s'en veut, Ilse a honte de son vide et son rien qui lui font quand même mal alors qu'elle ne devrait pas se plaindre.
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Dim 24 Juin - 23:25

Inévitablement l’air s’alourdit, à une époque nos corps étaient presque recouverts de fleurs, c’est au premier hiver quand les branches ont séché, qu’elles ont grimpé au ciel qu’il a fallu commencer à s’inquiéter du temps qu’il faisait. Conversations interrompues pour voir la neige tomber, si docile qu’on se demande comment elle appréhende la chute, pourquoi la dégringolade se fait sans dommages collatéraux, les pieds dans un manteau blanc, les yeux rivés sur l’immensité et les joues encore et encore se colorant de vie. Alors qu’ici, entre les murs, tout est immobile, statique, les éléments perturbant le décor portent des coeurs de plus en plus massifs, quelquefois des intersections se rompent, le contact se perd. 

Pourtant il y a une route, initiale, elle revient à chaque virée, de Ilse à Rebecca, de Rebecca à Ilse, elle hoche à peine la tête, voilà sa réponse, sa seule réponse, une qui n’ira pas se couvrir d’autres éléments futiles, incompatibles, pas de mensonges, pas d’excuse, un simple mouvement dans l’air brassé par les contours tragiques de la conversation et ce qu’elle adore toujours éviter coup sur coup. Mais pourquoi le faire avec elle, vraiment quel intérêt de mentir à l’autre bout d’un fil qui n’est même pas personnage figurant, la seule limite entre toi et moi c’est le dialogue, Ilse.

« Eh... Ilse, j’plaisante. » Morceaux d’inquiétudes drapés sur le visage, plis subtils, en un coup de main ils seraient défaits, Rebecca elle garde cet air interloqué, échange de mots qui ne vont pas avec leur ensemble, leur équilibre si particulier où personne n’a l’air de pouvoir tomber, un peu comme si le vide était un faux, en Plexiglas prêt à les réceptionner toutes les deux. « Tu lui a parlé, d’accord. Tu veux dire quoi par pas y arriver? »
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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Lun 25 Juin - 17:34

Peut-être qu'Ils est sujette au vertige, que les immensités, les absolus la terrifient ; elle a les globes qui traînent, un peu hagards bas vers le sol, dans les taches d'ombres du pied du lit, et ça fait peur de basculer, ça fait peur d'avouer qu'on tombe et que c'est dans cette direction : j'y arriverai pas. Je n'y arriverai pas, jamais, et je me suis répétée que ça viendrait avec le temps, mais le temps passe en n'amenant rien, c'est toujours ce bleu-ci, terne et triste de la nuit au carreau.
Elle se redresse d'un coup et regarde Rebecca, mais sans vraiment la voir, plutôt comme si elle contemplait son désastre raisonné par une personne plus sage.
« Oui, je sais, je sais... » Elle en fait des histoires, elle s'agite bien en vain pour ne rien dire ni signifier : rien de cela n'amène à rien, malgré ses tentatives pour rester calme, elle en fait trop. Elle secoue nerveusement la tête, petit geste instinctif dont on ne se rend pas compte, seulement cette fois c'est dans l'espoir de tout chasser. « Non, rien... Ça, ça passera. T'en fais pas. »
Dans le catalogue des sourires, il y en a qu'on ne peut pas s'empêcher de faire, et d'autres que l'on retient de s'épanouir. Il y en a qu'on force à apparaître au coin des lèvres et d'autres encore qui viennent tout seuls, petits mais bien présents, les deux plis de la bouche relevés en triomphe extérieur sur l'esprit, et c'est sûrement ce sourire-là qu'elle arbore à présent.
« Tu devrais prendre plus soin de toi. Tu dois être fatiguée après tout ça... »
Ilse cherche ses mots et ses idées mais elle avance avec plus d'assurance déjà, parce qu'il y a quelque chose qu'elle peut tenter de faire qui lui est extérieur et qu'elle sait être bien. Elle pose sa main à plat sur le drap pour indiquer à Rebecca la place à côté d'elle sur le lit, même s'il n'est peut-être pas encore temps pour d'ores et déjà se taire, se rapprocher physiquement pour oublier les plaies.
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Mar 26 Juin - 0:41

Quelle fatigue s’inflige-t-on à cet âge? Rebecca n’aimait pas voir cette scène particulière se dessiner, Ilse ne devait pas ressembler à cet oiseau blessé au milieu d’un champ de possibles déserté, elle ne devait pas non plus se confondre aux couleurs unies de sentiments troubles, ce n’était pas elle qui tentait de fuir les variables, en général, non. Elle n’avait pas à vivre dans ce motif décousu, si Rebecca s’assied près d’elle, c’est seulement pour laisser s’écouler quelques secondes où elle veut leur redonner un semblant de normalité.
 Silences qui étaient davantage plaisants que d’affronter les problèmes accumulés, aucune n’était d’humeur à mener une guerre perdue d’avance, les déceptions devaient à présent grimper sur les murs en photos à moitié pliées, là où les punaises restent enfoncées en souvenir de ce qui n’a pas eu droit à une conclusion. Résolutions impossibles, bientôt on entendait plus que leurs respirations rythmer le mouvement de l’ordinaire, à l’endroit où l’avenir devait se dresser de lui même, leur laisser des portes de sortie, difficiles de les trouver.
« Je prends soin de moi. Je suis avec toi. »
Yeux levés, sans rien ajouter de plus, beaucoup trop de dialogues désormais incomplets forment le portrait de nos vies, et à chercher les pièces manquantes, il faudra venir à comprendre que la fin de l’histoire n’a pas été écrite, par lâcheté ou par incapacité à articuler les pensées, parfois ce qui est injuste n’est qu’une stupide réponse à la faiblesse humaine, ce qu’on a du mal à supporter, pas vrai?
« Mais si tu veux parler, tu devrais parler. »
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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Ven 29 Juin - 8:33

Et dans ce même catalogue des sourires, on peut également obtenir des suppléments : c'est comme des cases blanches à cocher au bas de la page, sous le descriptif du modèle. J'arborerai ceci, ce sourire tendre mais minuscule qui relève les pommettes, et avec ça je prends, deux croix dans les carrés, yeux picotants et cœur roulé en boule, pauvre chiffon froissé. Le cœur est prêt à imploser, mais les tissus sont vifs et comme malins, ils laissent la balle pénétrer plus profondément entre eux afin qu'elle soit perdue dans leurs replis, pour enfouir la douleur, que l'explosion soit retardée.
Peut-être que le sourire se paie avec un chèque de silence, voilà, ça ne sert à rien d'aller plus loin, d'ouvrir les lèvres, tu n'as pas pris l'option courage, tu n'as qu'acheté un masque pour jouer la lâche et refouler, comme d'habitude.
Les mots se sont perdus en l'air. Ils volent trop haut pour qu'Ilse puisse tendre la main, en saisir une poignée. Elle n'aura rien à semer sur sa terre intérieure, cette terre-là est stérile et elle n'en attend d'ailleurs aucune fleur, même si on y versait des fontaines féeriques et des rayons de soleil chauds comme certaines des paroles des autres.
Lentement son index joue au balai d'essuie-glace sur sa cuisse, un code secret si facile à saisir quand il est fait moins discrètement, elle le tient de son frère. Elle regarde à nouveau Rebecca ; souris, souris. Souris encore. Frottement rapide du pouce qui s'écarte du genou, rien, il n'y a rien à dire.
Le ballet machinal des doigts se tait.
« Y a rien à dire, en fait. »
C'est pitoyable ; comme il sont durs, les mots qu'on fait tomber pour recouvrir le vide.
« La même chose vaut pour toi, tu sais. Je dois pas être la seule à m'être un peu inquiétée ces derniers temps. Et... ça, ça faisait longtemps qu'on s'était pas parlées et... j'ai pas envie que ça puisse finir comme ça entre nous. »
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Mar 3 Juil - 1:26


La pilule dont on parle attaque le dessous de la langue, s’met à faire des bulles jusqu’à glisser au fond de la gorge, arrière-goût incomplet qu’on aime couvrir d’une expression nulle mais au fond la saveur âcre du calmant rond et friable finit par manger l’estomac. En contre-partie, Rebecca aimerait voir le visage d’Ilse s’illuminer dans les reflets du soir. Assise là elle pourrait très bien mettre ses mains autour de son cou, l’empêcher de respirer un air qui la tue plus vite qu’un assassinat, au fond, c’est remarquable ce que peuvent se faire les hommes avec rien que des mots. D’ici, elle pourrait l’écraser de tout son poids pour lui faire penser à cette pression contre elle qui petit à petit ferait ressortir les instincts primitifs, les plus violents, les plus inattendus. Mais personne ne dit que ce sont les subtilités, les paroles prononcées au plus bas volume qui retournent les ventres et éviscèrent les humains - du moins mentalement. -

Qu’à partir de sa voix, disparue comme une discussion sous les joug du moteur de la voiture tournant à plein régime sur une autoroute pendant que la pluie martèle le pare-brise, elles étaient perdues, toutes les deux. Rebecca secouant la tête pour désapprouver, des visages tournés vers la même direction qui pourtant formaient deux portraits à la symétrie inexacte, Rebecca la voyait très clairement et la glace fondait sur le bureau. « T’es bête de penser ça. Bête. » Main tiède accrochée à la joue d’Ilse, délogeant les mèches d’ange étalées sur sa peau en rescapés d’un naufrage, elle n’arrive pas à donner de corps à cette proximité, plus que la définition initiale, et leurs souffles se mêlent. « Ce qui se passe, ce sont des choses qui arrivent sur lesquelles on à aucun contrôle, à partir de là il faut essayer de le retrouver. Tu crois pas? »
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Ilse Aliegheri
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Lun 9 Juil - 17:54


Les angoisses se terrent sous la peau, là elles se faufilent comme de l'encre, noires et liquides elles se répandent, contaminent tout le corps mais sans que ça se voit, l'encre ne tache pas l'immaculé du teint - Ilse a pris un coup de soleil sur l'épaule, à trop rester assise dans la pelouse et les yeux dans le vague aux heures les plus mordantes, quand elle remue le bras ça fait comme un pincement, le tissu de la manche égratigne la brûlure.
Et il y a l'angoisse, dévorante, du temps qu'on laisse passer dans l'espoir de guérir, imperceptiblement jour après jour, mise face à l'âge filant, à la vie qui s'enfuit. Combien de temps est-ce qu'il faudra attendre avant que ça n'aille, qu'enfin ça aille vraiment ?
Tu n'as pas le choix : il y a le temps qui passe et qui amène une panoplie pharmaceutique, de quoi soigner et oublier ; il faut seulement attendre en gardant cette idée en tête, tout viendra en son temps, tout viendra en temps et heure et le temps, et le temps et le temps doit partir, ce n'est que comme ceci que l'existence fonctionne.

Et il y a l'angoisse d'en avoir trop perdu et qu'il ait emporté des choses à la manière d'une rivière, dans son lit, dans son cours : l'empreinte des doigts de Rebecca, par exemple, qui lui évoque un souvenir de fleur, et cette façon qu'elle a si caractéristique d'être à la fois douce et sans fards, perspicace, un peu soudaine, terrible de justesse. T'es bête. Ilse dégringole heureusement pour se recroqueviller autour de ce seul mot, réconfortant tant il est simple : c'était bête, bête de sa part d'avoir jamais songé cela. La balance se renverse, les plateaux s'équilibrent avant que l'un, plus léger, n'entraîne la chute de l'autre, car les rapports finissent souvent par s'inverser et c'est Rebecca avec son air d'évidence et sa force qui tient seule la lampe torche éclairant le chemin au travers du tunnel.
« Si. » Faut pas se laisser aller ni abattre trop longtemps, faudrait pas le faire tout court, c'est dangereux, on devrait l'interdire. « T'as raison. C'est pas facile mais on va s'en sortir. » Au travers du tunnel, les angoisses se faufilent mais la lueur de la lampe peut éblouir, il suffit de se concentrer dessus, attention, sans s'aveugler non plus. « Comment tu vas t'y prendre, toi ? »
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Rebecca Parker
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MessageSujet: Re: la pilule du bonheur (Ilse)   Jeu 12 Juil - 18:37


« ...On attend les résultats. » Si elle avait été dans un film, il y aurait eu un plan sur la fenêtre pour tenir les spectateurs en haleine, dans le prisme bleuté, elle aurait allumé une cigarette dont le bout se serait éclairé et tout le monde aurait compris que c’était peine perdue. Mais c’était pas son genre à Rebecca, elle avait tendance à tout dire, assez vite, assez bien, souvent ça bousculait le décor mais ça, ça lui était bien égal.  Les peintures avaient sans doute séché très lentement, raccommoder les pièces des ornements avait dû être laborieux, mais voilà quand le rideau écrase la scène dans son carmin irrésistible, le résultat est le même: les spectateurs s’en vont.



Dans l’intimité, Rebecca ne savait pas bien agir, du moins dans les moments de silence, parce qu’elle avait la fâcheuse manie de discuter pour combler les vides sociaux, ça, elle n’en réchappait pas, sauf qu’avec Ilse, tout était plus logique, plus automatique, comme lorsqu’on s’approche d’un distributeur, au début on est persuadé qu’on va hésiter entre les twix et les kinder bueno mais évidemment, tout le monde choisit le kinder bueno.
Rebecca pouffe à la pensée puérile, malgré la soirée bizarre, teintée d’incertitudes, elle reste la fille qu’on préférerait pas fréquenter, parce qu’à tout moment elle peut venir et vous tirer les vers du nez. « Bon tu vas m’dire ce qui est motif de dispute maintenant? » Elle lève sa main au niveau de son menton comme si sa clope imaginaire allait atteindre sa bouche, elle montre la glace d’un mouvement net et franc. « Faut que je sache t’as plus le choix Ils’. »
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